Où l'optimisation des objets s'arrête-elle ? (Et peut-on trouver un sac qui s'adapte à absolument toutes les situations ?)
Dans la course aux objets multiusages pour limiter ses possessions, il faut parfois s'avouer vaincu·e
Dans ma démarche minimaliste, j’ai adopté le réflexe de chercher des objets multiusages. Logique, si un objet remplit plusieurs fonctions, ça veut dire qu’on a besoin de moins d’objets !
C’est ainsi que j’ai, par exemple, troqué tout un tas de crèmes hydratantes soi-disant à action spécifique et localisée pour une seule qui peut être appliquée de la tête aux pieds, que j’ai diminué le nombre de produits ménagers que je possède, puisque les actifs sont toujours plus ou moins les mêmes, et que j’ai essayé de composer ma garde-robe avec des vêtements qui pourraient se prêter autant à un contexte pro que privé.
Puis il y a le sac. Cela fait plusieurs années que j’essaie de trouver LE sac qui m’accompagnera autant en ville qu’en randonnée, au boulot ou lors de mes sorties.
J’avais jeté mon dévolu sur un petit sac à dos Eastpak. Meilleure option pour le dos, bien mieux qu’un sac porté sur une épaule. Ça laisse les mains libres. Seul petit inconvénient du sac à dos : il faut le décrocher de là pour aller chercher ce dont on a besoin. C’est probablement la tentative qui m’a accompagnée le plus longtemps, jusqu’au jour où je me suis pris une grosse drache* sur le dos et où mon carnet de croquis et mes crayons ont tiré la gueule.
(*une très grosse pluie, pour mes lecteur·rices qui ne pratiquent pas couramment le belge)
J’ai donc décidé de chercher un sac à dos étanche(**). En plus, je trouvais le précédent un peu petit parfois, donc j’ai aussi opté pour un modèle un peu plus grand qui peut se rouler sur le dessus pour diminuer sa taille. Un Fjällräven (un sac cher, donc)(ce qui a son importance pour la suite). Mais voilà, il était un peu grand parfois, et j’avais un autre problème : un travail.
(**entre temps j’ai appris que “étanche”, “résistant à la pluie”, “résistant à l’humidité”, “résistant à l’eau”, “waterproof”, etc. ne sont pas exactement des synonymes, surtout dans le monde du sac à dos de randonnée)
Pour me rendre au travail, je devais prendre un sac à dos dédié qui comportait mon ordinateur et tout mon fatras de travail, puisque j’alternais télétravail et présence au bureau.
L’une des raisons pour lesquelles je cherche un sac unique, c’est aussi parce que je nourris une peur, probablement démesurée, d’oublier mon portefeuille ou tout autre objet nécessaire, à chaque changement de sac. Quand je devais prendre le sac du bureau, ce n’était pas possible de prendre mon sac à dos en plus (enfin, si, mais je me trouvais déjà assez chargée). Je devais donc penser avant chaque passage au bureau à transvaser mes affaires d’un sac à l’eau. Mais alors, quand on allait manger dehors avec les collègues, je me retrouvais à tenir mon portefeuille à la main, faute de poches bien souvent.
J’ai donc ajouté un tout petit sac à main à ma panoplie, qui se porte en bandoulière et qui est juste assez grand pour contenir tout mon nécessaire vital. Il est assez petit pour que je puisse le glisser dans un sac à dos, mais je peux aussi l’utiliser seul si je sais que je n’aurai pas besoin de porter quelque chose de plus.
Le système marchait presque bien jusqu’au jour où, victime d’une nouvelle pluie diluvienne, j’ai réalisé que mon sac à dos “waterproof” prenait autant l’eau que mon ancien sac Eastpak en tissu…
(Petite leçon de jargon à toi qui compte investir dans un sac : les marques, mêmes très chères, ne se gênent pas pour écrire “waterproof” sur leur étiquette même quand c’est franchement discutable. Il faut bien lire la fiche du produit - qu’on ne trouve pas en magasin, évidemment - pour vérifier que le sac est entièrement waterproof, parce que dans le cas présent le tissu est waterproof mais pas les coutures, donc en fait ça ne sert absolument à rien.)
Dépitée par le prix scandaleux du sac pas du tout résistant à la pluie (et qui en plus commence déjà à s’abîmer)(et qui en plus n’est pas si pratique que ça), j’ai abandonné l’idée d’en trouver un autre et j’ai fini par acheter des pochettes en plastique résistantes à l’eau que je laisse dans mon sac à dos pour réagir en cas de pluie.
Ce que nous apprend cette histoire passionnante
Ces derniers temps, je cogite beaucoup sur les erreurs d’achats que le minimalisme m’a fait faire (si tu me lis régulièrement, tu te souviens peut-être de mon histoire d’armoire à bricolage).
Si je n’avais pas cherché mordicus à trouver LE sac unique qui les gouvernerait tous qui fonctionnerait dans toutes les situations, je n’aurais peut-être pas dépensé une somme qui me reste en travers de la gorge pour un sac qui n’est bon en rien et mauvais en tout. Je me serais autorisée à posséder deux ou trois sacs et à en changer en fonction des activités. Par exemple, ce serait raisonnable de posséder un sac à dos de randonnée (qui m’accompagne plus pendant mes voyages qu’en randonnée, mais soit…) et d’avoir un autre type de sac le reste du temps, parce que mes besoins du quotidiens sont différents quand je ne suis pas en train de bourlinguer.
Bref, j’en serais plus ou moins à la situation actuelle, un sac trop cher en moins.
La morale, s’il y en a une, ce n’est pas que le minimalisme c’est mal, mais plutôt qu’il faut régulièrement se demander si la quête dans laquelle on s’est lancé·e relève de la sur-optimisation, qui peut devenir une obsession, ou du bon sens.
Le minimalisme et le désencombrement doivent rester des moyens d’atteindre un objectif, et pas un but en soi. On a parfois tendance à l’oublier tant la satisfaction apportée par ces démarches peut nous entraîner à continuer au-delà de ce qui nous est vraiment nécessaire.
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Depuis des années, je m’efforce de ne pas remplacer ce qui est toujours utilisable et d’éviter les achats neufs, de me questionner sur ce dont j’ai vraiment besoin et de chercher comment employer ce que je possède déjà pour éviter d’acquérir quelque chose de nouveau
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Doit-on encore essayer d'acheter des objets durables ?
Drôle de titre, pour une newsletter qui prône le minimalisme et la consommation raisonnée. Cette question, c’est celle d’une consommatrice blasée qui hésite parfois à jeter l’éponge, qui en a marre de gaspiller de l’argent pour des objets qui durent à peine plus longtemps que leurs alternatives bon marché, et qui ne sait plus très bien comment consommer…






Moi j'ai une banane, je l'adore ! Je peux mettre des badges militants dessus, et les adapter aux événements où je suis. Je l'ai acheté sur un marché de Noël 40euros à une couturière. Je n'ai pas de sac étanche car je prends souvent la voiture. J'avais gagné un grand sac orange en coton nid d'abeilles de la marque Avène dans une kermesse et je recouvre la marque avec des badges! Sinon je prends des tote bag. S'il m'arrive de me balader avec mon ordi portable, il a sa pochette dédiée, je peux même l'attacher en bandoulière. De toutes façons quand j'avais mes deux enfants à gérer, ce genre de considérations était inutile, je n'ai que deux mains, donc il restait à la maison. Bisous 😘