Quitter les GAFAMs un clic à la fois (épisode 1)
Oui, je sais, on ne dit plus les "GAFAM" depuis des années...
On vit dans un enfer technologique. Qu’on les appelle GAFAM, FAANG, “ces monopoles technologiques qui sont impossibles à quitter et qui n’ont aucune notion d’éthique”, ces super puissances dirigées par des f@chos… ces plateformes ont réussi à absorber absolument toute tentative de concurrence, à engloutir les solutions qui existaient avant elles, et surtout à se rendre nécessaires à coups de services gratuits et d’extensions de leur offre (voir mon post récent “Ne reproduisons pas notre dépendance aux réseaux sociaux avec l’IA générative”(0)).
Nous sommes nombreux·ses a être paralysé·es face à l’actualité. On voudrait boycotter, mais il n’existe plus aucune alternative (1, les nombres et lettres entre parenthèses renvoient à des liens en bas de l’article). Le confort offert par toutes ces solutions numériques a réussi à obscurcir ce qu’elles cachent, et on s’y est tellement bien installé·es que même après de nombreuses révélations, il semble impossible de s’en passer.
Je suis comme la plupart des gens, j’ai envie de tout plaquer, renverser la table, ne plus participer au système. Mais de par ma personnalité et mes centres d’intérêt, ça me semble impossible de laisser tomber Internet. Et Internet, c’est eux, maintenant.
À force de confort, nous avons accepté la dépendance. À force d’habitude, nous avons oublié qu’un autre numérique était possible. La dépendance numérique n’est pas neutre. Elle nous rend vulnérables économiquement, politiquement mais surtout démocratiquement. Quand quelques plateformes concentrent les infrastructures, les usages et les récits, c’est n’est plus de l’innovation, c’est de la domination.
Extrait du post Instagram du magazine Chut! “Ils possèdent nos outils. Ils capturent nos données. Ils façonnent nos vies.” (a)
Alors, que fait-on ? On se résigne, on baisse la tête et on continue de marcher au pas ? Ou on part vivre dans les bois sans connexion Internet ?
Ce que je propose, c’est l’entre deux. Un mouvement progressif pour quitter les rangs de ces applications, sites et suites qui ne nous veulent pas du bien, sans pour autant tout plaquer.
Ce déclic, je l’ai eu grâce à un post Instagram (l’ironie…) du magazine Chut! (e). La proposition ? Échanger petit à petit les services qu’on utilise par d’autres, plus locaux, plus éthiques (a). Le plan proposé par Chut! :
Commencer par un outil peu critique (ex : moteur de recherche)
Tester en double usage (utiliser l’alternative en parallèle si nécessaire, pour se rassurer)
Convaincre des proches pour ne pas se retrouver seul·e face à l’outil
Parce que, oui, une partie de la solution se trouve dans les plateformes européennes.
On peut critiquer certains aspects de l’UE, il n’empêche que le respect des données privées, qui semble inconnu aux USA, y occupe une place importante depuis des années. Que l’UE a rapidement déposé des projets de loi pour protéger les auteur·rices et artistes contre le plagiat par IA générative, et j’en passe.
(En plus de tous ces bons arguments, je me dis aussi qu’en tant que francophones, on se plaint souvent d’avoir du mal à trouver son audience ou du contenu francophone sur les médias sociaux, donc une plateforme locale qui ne cherche pas à monopoliser le marché mondial serait agréable à beaucoup de gens…)
Quelques principes directeurs dans ma démarche :
Me renseigner : qui est derrière ce produit, où est le siège social, quels sont les engagements, y a-t-il des faits marquants dans leur historique…
Ne pas dépendre d’une plateforme qui a trop de pouvoir, surtout pour ce qui est important, au risque de me retrouver prise en otage. Red flags : les formats propriétaires, les solutions intégrées qui dépassent le cadre initial de l’offre, l’impossibilité de migrer à mon gré…
Privilégier les solutions qui maintiennent mon indépendance, dont je ne me sens pas prisonnière.
Petite vidéo (en anglais) au passage qui explique en partie comment on en est arrivé où on est avec toutes ces plateformes
Voici la liste des petits pas que j’ai fait ces derniers mois pour quitter des plateformes clairement problématiques et diminuer ma dépendance à des services abscons, opaques et qui ont déjà violé nos droits plusieurs fois par le passé.
Livres numériques : quitter Amazon Kindle
Pourquoi :
pour posséder des fichiers immuables et qui ne nous lient pas à une seule plateforme, un seul appareil, un seul vendeur
pour ne pas donner d’argent à Amz
Comment : acheter des livres numériques sur des sites qui permettent de les télécharger (idéalement, sans DRM*)
J’ai un peu honte de l’avouer, mais ma liseuse est une Kindle que j’ai achetée il y a des années pour son petit prix. Pendant très longtemps, j’ai acheté tous mes livres électroniques sur Amazon, ça avait du sens. Il faut dire que dans le passé, j’achetais même des livres papier sur ce site. (Oui, tu peux me huer.)
Au cours des dernières années, j’ai tout fait pour ne plus rien acheter sur Amazon, quitte à faire le tour de plusieurs magasins de bric-à-brac pour enfin trouver un foutu goupillon de la taille désirée ou à bricoler des trucs moi-même.
C’est quand Amazon a annoncé qu’il ne serait plus possible de télécharger ses ebooks que j’ai vraiment cogité sur le problème des livres électroniques et que j’ai cherché des solutions. Ça, et le fait que sous le régime Tr@mp, Amazon ait commencé à faire de la censure en supprimant des livres ou en modifiant du contenu dans certains autres…
J’ai réalisé que, comme moi auparavant, quasiment personne ne pense au fait qu’on peut acheter ses livres électroniques sous forme de fichiers, qu’on peut garder sur ses propres espaces de stockage et utiliser comme bon nous semble (dans la limite de la légalité, pensez aux droits d’auteur des pauvres auteur·rices…).
Même en discutant de ça avec certaines personnes, celles-ci n’arrivaient pas à admettre qu’acheter un fichier qu’on peut télécharger est aussi sécuritaire que d’acheter un livre papier (si pas plus, le papier ça se détériore…).
J’ai donné une série de pistes pour trouver des livres qu’on peut télécharger et utiliser librement dans un article sur le blog (2), mais celle à privilégier est le site officiel des maisons d’édition. J’y explique aussi ce qu’est le *DRM.
Retirer ses photos de Google photos (Apple photos, etc.)
Pourquoi :
déjà, parce que depuis l’essor de l’IA générative, même quand j’interdis à ces plateformes d’utiliser mes données, j’ai toujours des doutes
parce que le stockage dans le Cloud consomme (oui, je sais, on va pas contrebalancer les besoins énergétiques de l’IA en retirant nos quelques centaines de photos du Cloud)
parce que, bizarrement, j’ai l’impression que j’atteins de plus en plus vite la limite de stockage, moment où on me propose gentiment d’acheter une extension, et pas question de donner de l’argent à ces plateformes
en plus, ça me force à organiser mes photos et à ne garder que le nécessaire, ce qui augment mes chances d’en faire quelque chose plutôt que de les laisser stagner là pour rien
Comment : un bon vieux disque dur ! J’ai le même disque dur depuis plus de quinze ans, je fais une double copie (j’ai donc concrètement deux disques durs avec exactement les mêmes fichiers) par sécurité, et pour les photos que je ne veux absolument pas perdre, j’ai gardé un petit stockage en ligne sur une autre plateforme.
J’ai écrit deux articles qui pourraient t’intéresser : Comment organiser sa vie numérique efficacement, avec des conseils concrets, et Désencombrer ses objets sentimentaux et ses souvenirs, si tu as besoin de trier tes photos (3).
Ma liste de souhaits ailleurs que sur Amazon
pourquoi :
tout ce qu’on fait sur Amazon est enregistré et vendu à des tiers (anecdote plus bas), donc fait gagner de l’argent à Amazon
moins je vais sur ce site, moins je risque d’y acheter quelque chose
moins je vais sur ce site, moins je me vois proposer de produits additionnels qui me poussent à consommer plus
comment :
la solution imparfaite : un fichier Word ou Excel
la solution intermédiaire : une plateforme de suivi de lecture type Babelio (je rappelle par contre que Goodreads appartient à Amazon…)
la solution indépendante et sans écran : un bon vieux carnet
Pendant longtemps, j’ai continué à utiliser Amazon pour composer ma liste de souhaits concernant les livres que je voulais lire. Même si je n’y achetais plus mes livres, je trouvais le système de “listes d’envie” pratique parce que ça me permettait aussi de consulter les informations concernant le livre en un clic (résumé, prix des différents formats, avis…).
Cependant, après un certain temps ça m’a semblé logique de quitter ce site, même pour des transactions non commerciales. J’ai pour l’instant choisi de migrer ma liste vers un fichier Word. Oui, je sais, Microsoft n’est pas beaucoup mieux que les autres, mais je sais aussi qu’il m’est impossible de me passer de Microsoft de toute façon, pour la simple raison que je dois pouvoir générer des fichiers .docx.
(Côté organisation, ce système provoque un peu plus de friction, du coup j’ai moins tendance à bourrer ma liste d’envies, je réfléchis vraiment avant d’ajouter un nouveau titre.)
J’hésite à migrer vers Babelio, mais je trouve que l’interface n’est pas idéale pour sauver des listes de souhaits, et ça me ferait de nouveau dépendre d’une plateforme (même si Babelio semble vouloir rester indépendant et n’a pas encore été englouti par un géant du livre. je crois.)
Autre piste : un carnet, un bon vieux carnet en papier. Zéro cookie, zéro pub, zéro algorithme de recommandation. Indépendance totale.
Aparté : Comment Netflix nous prend en otage
D’ailleurs, j’y pense aussi pour suivre mes séries, à ce carnet en papier. Ces dernières années, j’aurais pu arrêter de suivre l’avancement de mes séries sur TvTime, vu qu’avec Netflix, on peut consulter son historique à tout moment pour savoir où on en était et ce qu’on a déjà regardé.
Mais ça, c’était avant. Maintenant, si tu annules ton abonnement Netflix, tu perds tout ton historique, tes favoris mais aussi ton état d’avancement dans tes séries, ce que tu as déjà regardé… Netflix te le fait bien remarquer au moment où tu commences la procédure pour stopper ton abonnement, une manière de te forcer à continuer ton abonnement même si tu voulais arrêter…
TvTime me fait toujours peur, parce que le site et l’appli sont tellement lents depuis des années que je m’attends du jour au lendemain à ce qu’ils disparaissent sans prévenir, du coup l’idée de tout annoter dans un carnet me trotte dans la tête. Après tout, c’est ce que je faisais avant que le streaming ne devienne la norme.
J’ai parlé des services de streaming et de manières de moins dépenser pour regarder la télé dans un article (4)
Comment Amazon se fait de la thune sur ton dos même quand tu n’achètes rien
Et voici l’anecdote pas drôle du tout. Très récemment, j’ai consulté une fiche produit sur Amazon. Depuis un moment, je m’efforce de sauter les premiers résultats de recherche pour consulter les sites officiels plutôt que les marketplaces comme Amazon. Un jour de flemme, je me suis dit “c’est pas pour une fois”, et j’ai regardé les infos concernant des têtes de brosse à dents sur Amazon.
Dans la demi-heure, j’ai commencé à recevoir des scams concernant la marque de brosse à dents que j’avais consultée. Tu as fait le lien ? Amazon a vendu mes données à des sites de scams, pas des sites légitimes, des e-commerces, non, des arnaqueurs professionnels ont pu acheter mes données et s’en servir immédiatement (le tout probablement parfaitement automatisé). Pourtant, il va de soi que je refuse les cookies sur Amazon.
Voilà voilà, s’il te fallait une autre raison de faire le changement…
Partager des bonnes adresses mais pas des sites tiers
pourquoi :
promouvoir directement les sites des professionnels, leur apporter du référencement et des visites directes, ne pas les rendre dépendants de plateformes externes
on ne sait jamais ce que ces plateformes, sur lesquelles personne n’a d’emprise, peuvent décider demain
sans utiliser de lien direct vers Google Maps, par exemple, mais en fournissant une adresse, je laisse la possibilité à l’audience de mon site d’utiliser le service de navigation de leur choix
comment : plutôt que de partager les comptes Instagram/TikTok/Facebook et/ou le lien Google Maps, partager l’adresse, et le site web officiel quand il y en a un
Sur mon blog, j’avais l’habitude de partager le lien Google Maps des commerces et restaurants que je conseillais dans mes articles de voyage. C’était pratique en particulier pour mes carnets de voyage japonais (5) à cause de la barrière de la langue.
Cependant, je n’ai plus envie d’offrir de la visibilité et du référencement à Google ou à des réseaux sociaux, je préfère autant que possible donner une visibilité directe aux établissements. Et peut-être que ça peut peser dans la balance et les encourager à maintenir leur propre site web, plutôt que de s’en remettre à des plateformes sur lesquelles ils n’ont aucun pouvoir.
Ma présence en ligne ne passe plus par les réseaux sociaux
pourquoi : y’a rien qui va avec les réseaux sociaux qui règnent actuellement sur le marché
je ne veux plus ouvrir une application pour poster quelque chose, et finir engouffrée dans du scroll infini dont je sors lessivée, déprimée, énervée, abattue, coupable…
je ne veux pas participer à la culture de la simplification à l’extrême, de l’effacement de toute nuance, des contenus courts et prémâchés
je ne veux pas, même indirectement, participer à la fortune des propriétaires de ces plateformes
je veux des solutions qui me permettent de migrer facilement si un jour les termes du contrat ne me conviennent plus
je ne veux pas me battre contre des algorithmes, être obsédée par ma visibilité sans connaître les règles du jeu, me laisser enfermer dans des bulles d’opinion
comment :
en choisissant des plateformes qui me permettent de publier du contenu long et nuancé
en optant pour des solutions qui ne m’enferment pas à tout jamais
Avant de commencer, oui, une partie de ma solution de remplacement repose sur Substack, et ça m’angoisse régulièrement, surtout aujourd’hui. J’ai déjà entendu des rumeurs concernant la position très à droite du CEO de Substack, et alors que j’écris cet article, un drame est en train de se jouer parce que Substack se défend de ne pas pouvoir supprimer le compte d’un m@sculiniste sous couvert de “droit à l’expression”. (C’est marrant, c’est un droit qui est toujours brandi par les r@cistes, les f@scites, les s€xistes, bref les gens toxiques pour la société.)
Cependant, voici mon argumentaire (et je rappelle que tout ceci fait partie d’un parcours vers un numérique plus propre, ce n’est pas une finalité) :
Pour commencer, je peux quitter Substack facilement. Vu le format “article”, je peux aisément copier/coller mes articles et les rapatrier sur mon site indépendant (et il existe des manières plus efficaces même de télécharger le contenu et de le remettre en ligne sur un blog Wordpress automatiquement, entre autres).
Ensuite, justement, j’ai gardé mon blog. Je n’ai pas laissé tomber mon blog (mes blogs), j’ai décidé de développer Substack en marge, parce que c’est une opportunité, mais je ne veux pas que ça devienne le centre de ma communication et de ma présence en ligne. Je veux pouvoir partir quand je veux, si je le veux.
Au contraire, quand j’ai décidé d’abandonner Facebook et Instagram, c’était impossible de migrer le contenu vers mon site : le format ne s’y prête pas, il n’y a pas de manière automatisée d’en faire quelque chose de qualitatif pour un site web ou un blog.
J’ai aussi développé mon site perso afin d’avoir quelques pages à moi qui rassemblent mon “identité publique” : mon travail d’autrice, de créatrice de contenu, mais aussi toute ma carrière (b).
Je me désolidarise ainsi de LinkedIn, dont le format ne colle pas à mes besoins, et je remplace en partie mes réseaux sociaux.
Actuellement, ce site est hébergé sur GitHub, qui appartient à Microsoft, mais il s’agit de code que j’ai écrit moi-même et que je peux héberger où ça me chante, si un jour je me décide à prendre un hébergement payant.
Mes sites Wordpress m’appartiennent, j’utilise le framework Wordpress pour la mise en page mais je les héberge sur la plateforme de mon choix (européenne), dont je peux changer quand je veux. Les possibilités de back-up et de restauration me rendent indépendante. Je continue d’alimenter ces sites au lieu de consacrer tous mes efforts sur des réseaux sociaux, parce que ce que j’y fais me rend libre (même si je suis tributaire des algorithmes de recherche pour être lue).
Faire des recherches en ligne sans googler
pourquoi :
faire des recherches sur les moteurs de recherche, c’est leur donner de l’argent (via les données qu’ils collectent et revendent, les liens sponsorisés…)
les moteurs de recherche influencent les résultats comme ça leur chante, or quand on voit la direction politique des États-Unis, ça donne à réfléchir
je ne veux pas d’un moteur de recherche qui m’impose un aperçu IA, qui en plus répond des conneries monumentales à chaque fois
comment :
il existe plusieurs moteurs de recherche qui sont mieux, comme Ecosia
quand c’est possible, faire la recherche directement sur un site de niche*, ça consomme moins et ça te permet de contrôler ce à quoi tu es exposé·e (sauve-les dans tes favoris quand tu en trouves)
C’est probablement le changement le plus facile à opérer, comme le suggérait d’ailleurs le post Instagram mentionné plus haut. Ça fait longtemps que des influenceur·euses green vantent le moteur de recherche Ecosia (bon, ils et elles sont payé·es pour…), le moteur est bien rodé.
Certes, ça demande quand même un peu d’adaptation, car les résultats retournés ne sont pas identiques à ceux de Google (même lorsqu’on choisit d’utiliser ce moteur-là en arrière-plan), mais le gros point positif c’est qu’on peut désactiver la réponse IA, et je n’en peux plus des plateformes qui me forcent à utiliser cette foutue IA générative alors que je n’en veux pas.
Puis Ecosia plante des arbres et investit dans des actions climatiques (on espère que c’est avéré et pas de la publicité mensongère), ils disent aussi respecter la vie privée, essaient de trouver des sources plus respectueuses de l’environnement, et c’est européen.
*Quand je parle je “site de niche”, par exemple, si je veux des infos sur un livre, je peux chercher directement sur le site Babelio ; sur un film ou une série, directement sur imdb ; une définition ? j’ouvre Le Robert ou le Larousse ; etc.
Traduire avec un moteur européen
pourquoi :
pour ne pas nourrir Google gratuitement
pour utiliser du local
comment : DeepL (d)
À ce stade, tout sauf Google. Déjà, DeepL a encore le droit légalement de fournir des formations en DEI (diversité, équité et inclusion) à son personnel et de se vanter d’avoir 34% de femmes dans les rôles de leadership (choses qui sont illégales aux USA, hein, et toutes les Big Tech ont courbé l’échine face à cette mesure aberrante d’interdiction de mesures DEI), et la société dit se préoccuper de l’environnement sur son site, ou encore collaborer avec des ONG. C’est une société européenne, et il me semble la seule solide concurrente aux entreprises américaines de traduction automatique en ligne.
S’envoyer des messages gratuitement sans WhatsApp
pourquoi :
parce que Met@ et M@rk Zu@kerberg
parce que je tiens à mes données privées, et que WA est probablement en train d’utiliser nos données “privées” pour entraîner l’IA de Met@ sans notre consentement
parce qu’il y a une solution hyper simple pour changer facilement
comment : Signal ! Cette application fonctionne exactement comme WhatsApp, zéro adaptation nécessaire, alors on n’a aucune excuse. Reste juste à partager l’info avec ses proches pour essayer d’enclencher l’effet boule de neige.
Signal est open-source (ça veut dire que si ça merde, quelqu’un peut reproduire l’application et recommencer sous un autre nom, mais aussi qu’on peut lire son code), développé par une entreprise sans but lucratif. Et jusqu’à preuve du contraire, ils respectent leur engagement de ne pas violer nos données privées.
Sinon, les SMS existent toujours et la plupart des smartphones permettent de les envoyer via un réseau WiFi ou 4G/5G, sans frais.
Acheter et revendre, mais plus sur Vinted
pourquoi :
parce que Vinted est devenu un monopole qui a supprimé toute concurrence, à la manière des GAFAMs
parce que une bonne intention s’est muée en application problématique : dropshipping, augmentation de la consommation, envois de colis à travers l’Europe…
le service client est pourri (autant pour les vendeur·euses que les acheteur·euses), comme c’est le cas de toutes les entreprises monopolistes
comment :
retourner dans les magasins d’achat/vente
pour les livres : bibliothèques, librairies indépendantes et salons
pour se débarrasser facilement : donner
J’ai été une grosse utilisatrice de Vinted, et il faut avouer que ça s’avère souvent pratique. Vu que je ne garde pas mes livres, ça m’allait bien de les acheter de seconde main et de pouvoir les revendre une fois terminés. Et j’y ai vendu pas mal d’autres choses après mes désencombrements successifs.
Cependant, Vinted, ce sont des milliers de colis qui traversent des distances impensables pour des vêtements à 1€, c’est la mort des boutiques physiques de seconde main, de la spéculation et des vendeur·euses malhonnêtes mais intouchables…
Toute l’ampleur du problème est magnifiquement expliquée dans ce post, je ne vais pas m’approprier ses mots, alors voilà :
Pour moi, concrètement, ça veut dire :
retourner à la bibliothèque pour les livres (je vous en reparle tous les mois sérieusement…(7))
de temps en temps, m’acheter un livre quand même, même si je dois l’acheter neuf (je rappelle qu’il faut nourrir les auteur·rices et les maisons d’édition indé de temps en temps)
quand je veux revendre des produits culturels, les accumuler jusqu’à en avoir assez (ou jusqu’à ce que je doive aller en ville), et les apporter dans un magasin d’achat/vente physique, avec des gens passionnés et une clientèle locale
donner plutôt que vendre des trucs pour 5€ et utiliser du papier collant, passer du temps à faire un emballage, et niquer un peu plus la planète (voir mon article “Désencombrement : vendre ou donner ?”(6))
Et toi, est-ce que tu as réussi à quitter des plateformes pour des alternatives plus éthiques ?
Je compte continuer ce cheminement, et si j’ai assez de choses à partager, j’en ferai un nouvel article. N’hésite pas à partager tes idées, pistes, bons plans, ou même freins et réserves, en commentaires.
Retrouve les liens référencés dans l’article ci-dessous
Salut, moi c’est Florence et tu viens de lire un nouvel article très long écrit de mes petites mains. Merci et bravo pour ton courage ! Ici je parle de plein de trucs, de phénomènes de société, de consommation raisonnée, de pop culture, de neurodivergence, et parfois je montre des photos de mon chat.
Tu peux soutenir ma publication en choisissant un abonnement payant sur Substack, ou encore mieux : en faisant un don libre via Buy me a coffee, en achetant mes guides de désencombrement, ou en achetant mon roman de science-fiction (que tu peux aussi commander dans toute librairie, ça me fait de la visibilité !)
Tu peux aussi t’abonner gratuitement, ça ne me paie pas mon café mais ça me fait plaisir d’être lue !
Références mentionnées dans l’article
Les liens référencés par un numéro renvoient vers des articles de mon blog (ou ce Substack), les lettres renvoient vers des liens externes.
(0)
(1) Peut-on se passer des réseaux sociaux, et comment les remplacer (utilisations perso et pro)
(2) Acheter et posséder ses livres numériques
(a) Quelques posts Instagram du magazine Chut! concernant la migration vers des plateformes et services européens / plus éthiques :
Les GAFAM, on veut les quitter mais pourquoi on n’y arrive pas ? - Comprendre comment ces services ont été conçus pour nous piéger, c’est nous aider à se distancer et à poser un regard critique
Pourquoi les réseaux sociaux alternatifs peinent-ils à émerger ? - Le post liste aussi des alternatives européennes aux réseaux sociaux et autres plateformes
Ils possèdent nos outils. Ils capturent nos données. Ils façonnent nos vies. - Un appel à résister
(3) Organiser sa vie numérique comme un·e pro : un guide pour les non-geeks //
Désencombrer ses objets sentimentaux et ses souvenirs
(4) Économiser sur les services de streaming
(5) Mes carnets de voyage (avec beaucoup de Japon)
(d) DeepL plateforme de traduire en ligne
(e) Le magazine Chut! a été créé par deux femmes et explore des sujets d’actualité liés au monde de la tech avec une approche inclusive et critique. Il est destiné à tout public, pour rendre les consommateur·rices acteur·rices de leur consommation numérique.
(6) Désencombrement : vendre ou donner ?
(7) Et si tu n’as pas encore lu mon article sur mon retour à la bibliothèque (keuwah???)
"2026 sera l'année des locations à la bibliothèque !", dit-elle pour la dixième fois.
J’ai failli écrire un article sur la frustration de lire des livres qui sont acclamés par le public alors que je les trouve très mal faits, mal rédigés, mal construits… et que je ne sais plus comment bien choisir mes livres (fiction ou pas) vu que je ne peux pas me fier aux avis publiés sur Internet.
Et finalement, une autre initiative à suivre pour s’informer et trouver des initiatives : Data for good (bâtir un contre-pouvoir tech citoyen), une initiative française qui met souvent en lumière des initiatives européennes et informe sur les dérives des big techs, entre autres (leur compte Instagram (…) est très intéressant).



Pour la liste de souhaits pour les livres, il y a la coopérative québécoise Leslibraires.ca : https://leslibraires.freshdesk.com/fr/support/solutions/articles/150000181044-connexion-%C3%A0-votre-compte
Pour la wishlist livres, je recommande LivrAddict et pour le suivi des séries, j'utilise Betaseries 😊