Les amis de mes amis ne sont pas mes amis
Doit-on mélanger ses cercles amicaux à tout prix ?
J’étais en train de regarder le film “Julie en 12 chapitres” quand une scène a résonné très fort. Dans le premier chapitre du film, Julie passe quelques jours dans la famille de son mec. Elle rencontre une partie de sa famille, de ses potes… Toute une communauté nouvelle pour elle.
À la fin de la journée, un peu sur les nerfs, elle balance à son copain une phrase du genre “Bon, j’ai besoin de dormir pour supporter tes potes demain”.
(En passant, je n’ai pas fini le film, il ne fera pas partie de mes recommandations culturelles du mois)
Je pense que c’est la première fois qu’on aborde aussi frontalement cette idée qu’en fait, peut-être qu’on ne les aime pas, les potes des autres.
Salut, moi c’est Florence, et ici je parle de consommation raisonnée, de rapport au travail et à l’argent, de diversité et inclusion (et disons le gros mot : de féminisme), de pop culture, de (neuro)divergence, d’organisation et de simplification du quotidien… sans chichis, le tout parfois saupoudré de photos de mon chat (vous connaissez mon chat ? il est beau hein ?) et d’humour douteux teinté de références de millenial. Tu rejoins la clique ?
Pourquoi je ne peux plus te voir en tête-à-tête ?
J’ai une amie de longue date. On a fini par se distancer avec le temps. Une des raisons (qui en cache peut-être d’autres, mais soit), c’est qu’il n’est plus possible de la voir sans ses ami·es.
Finis nos moments privilégiés, où on est nous-mêmes (ou du moins, notre version de nous-mêmes dans cette relation précise). Les confidences, les clins d’oeil aux expériences communes, les références qu’on n’a pas besoin d’expliquer… Les seules opportunités que j’ai de la voir, c’est quand elle organise quelque chose avec d’autres ami·es en même temps.
Sauf que moi, ses ami·es, je ne les aime pas. Je ne les ai pas choisis. Je les ai rencontré·es, j’en ai détesté certain·es, d’autres m’ont laissée indifférente. Je ne m’en cache pas, je n’ai pas envie de connaître tout le monde, je n’ai pas envie d’étendre mon monde social à l’infini, je n’ai pas envie de forcer de nouvelles relations dans ma vie.
J’ai choisi mes ami·es, mais est-ce que ça me force à choisir aussi leurs ami·es par extension ?
Non seulement, je n’ai pas envie de voir ces personnes qui me tombent dessus malgré moi, mais je remarque aussi que mon ami·e est une personne totalement différente en groupe, ou en tête-à-tête avec moi. Ça peut donner l’impression que je fais mon shopping, ça peut sembler froid, mais je me suis liée d’amitié avec une personne pour qui elle était. Si je découvre quelqu’un de totalement différent, le lien change. C’est un peu comme décider qu’on met fin à une relation (amoureuse, amicale) parce que le temps a fait de nous des personnes différentes, qui ne s’entendent plus, qui ne se supportent plus parfois.
Tout le monde ne s’identifiera pas à cette expérience, je pense, car j’ai l’impression que certaines personnes se fondent dans un environnement social sans devoir fournir le moindre effort. Mais pour d’autres, s’insérer dans un cercle social, faire la connaissance de nouvelles personnes, s’adapter à l’autre personnalité de son ami·e, c’est du taf et c’est pas toujours plaisant. Et ce n’est pas toujours ce dont on a envie et/ou besoin.
Pourquoi faut-il absolument mélanger ses cercles sociaux ?
Me vient alors la question : pourquoi ce changement de dynamique, pourquoi ce n’est plus possible de conserver les petits groupes existants et choisis par tous ses membres (y compris les relations en tête-à-tête).
Quand j’étais étudiante, il y a avait le groupe social de l’école, celui de tel ou tel hobby, celui des ami·es d’enfance, et je ne me souviens pas d’une tendance à forcer ces cercles à converger. Au pire, on voyait des ami·es d’ami·es aux fêtes d’anniversaire, et encore.
Quand je réfléchis à mes relations amicales récentes, à l’âge adulte, deux théories me viennent en tête. La première, c’est que les gens sont de plus en plus mal à l’aise avec les discussions à cœur ouvert, celles qui démangent parfois, celles qui font appel aux émotions et/ou à l’intellect.
Dans les quelques cas récents qui me viennent à l’esprit, le fait de rassembler des cercles sociaux créait des situations légères, où personne ne se connaît suffisamment pour entrer dans les confidences, où l’esprit est plutôt à la fête, où la population est trop grande pour oser aborder des sujets délicats.
Est-ce donc un besoin de rester superflu·es, d’éviter ce qui pourrait nous remuer, parce qu’on n’en peut plus de la négativité et des mauvaises nouvelles, et qu’on a besoin d’évasion ? Si je comprends le besoin de se changer les idées, je me demande où est la place du support social dans cette nouvelle dynamique.
L’autre théorie, c’est qu’on n’a juste plus le temps. C’est trop lourd, trop chronophage, d’alimenter une amitié, une vraie. Et puis, on n’arrive juste plus à caser tout le monde dans son agenda. La solution, c’est de rassembler tout le monde dans une même pièce au même moment, pour remplir son devoir social, pour prouver qu’on maintient la relation, parce qu’on est là (physiquement). Il faut juste s’occuper d’une dizaine de personnes en même temps, donc tu donnes quelques minutes par-ci, quelques minutes par-là, faut pas en demander trop non plus.
Une dernière théorie un peu moche me vient en tête : et si forcer cette interaction entre nos différents cercles sociaux, c’était une manière de se faire mousser, en démontrant aux autres qu’on a plein d’ami·es, et qu’on connaît d’autres personnes en dehors de cette relation ? Est-ce une façon de se rendre désirable ou de se prouver désiré·e par un grand nombre de personnes, de montrer qu’on est une personne de valeur ?
Prenez soin de vos ami·es neurodivergent·es et/ou introverti·es : ce n’est pas un caprice. Pour certaines personnes, gérer une relation au sein d’un groupe est épuisant, voire traumatisant. Ce qui est confortable ou évident pour vous ne l’est pas pour tout le monde.
À vos commentaires…
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Accepter sa neurodivergence, c'est faire le deuil de la facilité
J’ai arrêté de travailler pour une entreprise en février cette année. En 15 ans à serrer les dents, sept entreprises, huit équipes, deux carrières, c’est ma seconde pause du travail.
Pourquoi on cherche autant à savoir si on est normal·e ?
(D’ailleurs, je remarque que, naturellement, j’écris un titre en “on” au lieu d’utiliser le “je”, parce que j’espère que cette expérience est universelle et que je ne suis pas seule à la vivre. Ah là là, les mauvais réflexes ont la vie dure.)
Lire aussi : Retrouver du temps pour soi, désencombrer son agenda






Bon, alors… je suis clairement ce genre de personne qui aime mélanger les groupes d’amis ,non pas pour montrer que j’ai plein d’amis (ce n’est pas le cas haha), mais plutôt parce que j’aime avoir un grand cercle où tout le monde se connaît.
Je trouve que ça crée plein de sujets de conversation différents et apporte une belle ambiance, une bonne énergie dans la pièce ou lors des activités. Je suis consciente que ce n’est pas pour tout le monde, et j’ai aussi quelques amis plus proches que je vois en tête-à-tête.
Mais en général, lorsque j’organise quelque chose chez moi, j’offre la possibilité à tout le monde de venir. Et étant donné que les gens finissent par se connaître, ça donne toujours de très belles soirées ✨
J'ai amené deux de mes amis à se rencontrer et ils s'entendent le mieux du monde, j'avoue que j'avais peur que ça ne marche pas du tout et que les deux me tournent le dos ! A part cela j'ai très peu d'amis et j'ai renoncé à toute vie sociale sans regret, au profit des livres et de l'écriture. Mon temps est bien mieux employé ainsi