L'auteur·e est un·e entrepreneur·e bénévole
Quand tout va mal, continuons de plumer la dinde la moins bien lotie.
Cet article intéressera principalement les personnes qui ont un pied dans le monde de l’édition, alors si tu n’as pas envie de le lire, je te propose des alternatives dans la même veine mais dont le sujet est plus large :
Réalisation de soi : est-il nécessaire de passer par l’entrepreneuriat ? Les fausses promesses du travail libre de toute autorité
Trop de contenu, pas assez de temps : mettre fin aux listes interminables de choses à regarder, écouter et lire plus tard
Et un article de saison : Impossible de partir en vacances cette année ? Un guide pour éliminer les frustrations et se ressourcer sans partir.
Ces derniers mois, on parle énormément du secteur du livre et de sa mauvaise santé financière. Les éditeur·rices comme les libraires peinent à gagner leur vie. Les fermetures ou redressements de maisons d’édition et librairies indépendantes se succèdent, pendant que les quelques géants qui occupent 80% du marché étendent leur pouvoir à coups de rachats. Les gouvernements diminuent de plus en plus les subsides aux arts, y compris à la littérature. C’est la merde, certainement un peu plus que dans d’autres secteurs.
Mais dans tout ce flot d’informations sur la situation des acteur·rices du monde littéraire francophone, il me semble qu’on parle de moins en moins des auteur·rices et de leur précarité, des exigences qui leur pèsent dessus aujourd’hui, et du fait qu’au lieu de se mobiliser collectivement au sein de la chaîne du livre, on tape sur celles et ceux qui sont déjà au plus mal.
Disclaimer : Ce texte n’est pas dirigé contre les maisons d’édition (ME) avec qui j’ai travaillé ou je travaille actuellement, ni contre une ME en particulier d’ailleurs. J’ai été confrontée à ce dont je vais parler lors de recherches récentes pour faire publier de nouveaux textes, et j’ai vu beaucoup d’écrivaines en parler ici ou sur les réseaux sociaux.
Les nouvelles exigences qui pèsent sur les écrivain·es
De plus en plus souvent, des ME exigent de la part des auteur·rices une forte présence en ligne, sur les réseaux sociaux, avec un minimum d’abonné·es, un compte actif, et il faut faire des reels, ah non laisse tomber maintenant c’est la carrousels, ah tiens il faut rejoindre TikTok même si ça tue ton âme…
Il y a d’emblée un truc qui me soule : Comment une entreprise qui ne t’emploie pas, ne te verse pas de salaire garanti, ne te défraie pas, peut exiger de toi que tu passes autant de temps (et potentiellement que tu dépenses de l’argent en formations, outils numériques, posts sponsorisés…) à faire quelque chose que tu n’as peut-être absolument pas envie de faire, et en plus ne même pas jeter un œil à ton manuscrit si tu ne comptabilises pas un certain nombre de followers ?
Non mais vraiment. Est-ce normal que quelqu’un qui ne te verse aucun salaire te dise comment passer ton temps ou quoi faire du temps qui t’appartient ?
Et il ne s’agit pas seulement d’être présent·e et actif·ve sur les réseaux sociaux, mais aussi d’aller démarcher soi-même dans les librairies pour essayer d’y avoir une place en rayon en comptant sur notre capital sympathie (ou la pitié de la libraire), et donc prendre les transports en commun ou utiliser du carburant, prendre du temps (sur ton temps de travail, si tu as un horaire de bureau, parce qu’aucune librairie ne va t’accueillir pour écouter ton pitch le samedi, plus grosse journée de vente).
Ce qui m’énerve le plus, c’est quand les ME se cachent derrière la sacro-sainte phrase “C’est le marché qui veut ça, les choses ont changé”.
Tu sais qui utilise cette réplique de merde ? Les CEO d’entreprises qui paient déjà des dividendes claqués au sol à leurs actionnaires mais qui ont viré la moitié de leur personnel pour la remplacer par de l’IA générative, comme s’ils n’avaient pas eu le choix de faire ces économies monstrueuses aux dépens des personnes qui ont perdu leur emploi.
Auteur·rice, c’est pas un vrai métier
Dans ce contexte, il me semble important de rappeler que les auteur·rices publié·es en ME n’ont généralement pas de statut. Ils et elles vivent dans un flou juridique. De fait, un·e auteur·e ne perçoit pas de chômage ou autres aides (alors qu’il y a une retenue sur les droits d’auteur !!!), ne peut pas défrayer (en Belgique, on peut seulement défrayer des frais de transport jusqu’à un certain montant, je ne sais pas pour les autres pays francophones), n’a pas de protection juridique (complément d’info sur le statut d’artiste pour les auteur·es littéraires en France et en Belgique1).
Et dans le rapport d’activité 2024 de l’Urssaf Limousin, il y a un chiffre qui m’a littéralement fait sortir de mes gonds.
7,3 euros !
Sur 100 euros de cotisations collectées, 7,3 euros partent à l’assurance chômage.
Le rapport indique également que l’Urssaf Limousin a collecté 4,3 milliards d’euros de cotisations en 2024. Si 7,3 % sont reversés à l’assurance chômage, cela représente environ 314 millions d’euros. (Vous ne les reverrez jamais. Merci pour votre participation.)
(…)
Donc résumons :
Assez intégrés pour payer.
Pas assez intégrés pour bénéficier.Extrait du post :
Les droits d’auteur sur la vente d’un roman grand format s’élèvent en moyenne à 1,80 €, 2 € dans le meilleur des cas.
Alors, revenons à notre idée d’envoyer les auteur·rices faire le tour des librairies sans être payé·es. Dans le meilleur des cas, la librairie va prendre un ou deux exemplaires de ton livre (mais elle ne l’achète pas vraiment, parce que la plupart des librairies exigent de pouvoir renvoyer les invendus). Dans l’ultime idéal, la librairie réussit à vendre les deux exemplaires. Disons que ton contrat est super avantageux, et te voilà avec 4 € dans la poche.
Maintenant, prenons en compte le coût de ton transport jusqu’à la librairie (est-ce qu’on amortit aussi le coût de transport vers toutes les librairies qui auront refusé ton livre ?), potentiellement le congé que tu as dû poser pour y aller à un bon moment...
Question : combien de librairies doivent accepter un ou deux exemplaires de ton livre pour que tu gagnes un semblant de SMIC ?
(Et je choisis volontairement de ne même pas mentionner les frais de transport, logement et nourriture pour se rendre en salons et foires, parce que l’article est déjà long.)
Le problème, c’est qu’on considère qu’être auteur·rice, ce n’est pas vraiment un métier, et certainement pas à temps plein. Je sais que certain·es y arrivent, mais moi, je suis incapable d’écrire un roman en ayant un boulot à côté, j’ai toujours réussi à aller au bout de mes projets quand j’étais sans emploi.
Alors certes, il existe des bourses, mais elles ne bénéficient que quelques personnes sur des centaines ou milliers de postulant·es (bonne chance pour rentrer dans les conditions, les voir à temps, remplir tous les documents, expliquer pour toi tu mérites ces quelques centaines ou milliers d’€ pour continuer à écrire ton livre alors qu’il y a je-ne-sais-pas-combien d’autres personnes qui ont besoin de cet argent aussi, tomber sur des membres du jury qui pourront reconnaître la qualité de ton œuvre sur base d’un extrait et sans se laisser influencer par leurs propres goûts et a-priori).
Fondamentalement, on a choisi de normaliser qu’un·e auteur·e ne soit pas rémunérée pour le temps passé à écrire, mais uniquement sur ses ventes. Pourtant, un roman représente un nombre d’heures de travail vertigineux avant de passer les portes d’une ME. Ce modèle avait peut-être du sens lorsque la littérature était le domaine de la bourgeoisie, mais si on veut pouvoir lire tout le monde, ça ne tient plus du tout la route.
Je serais prête à remplir une putain de spreadsheet avec des codes coporate incompréhensibles pour justifier mes heures de travail, si ça me donnait accès à des conditions de vies humainement acceptables en échange de mon travail d’écriture.
Il me semble important d’insister aussi sur le fait qu’on n’écrit pas de la même manière pour son propre plaisir ou pour être publié·e, alors on ne devrait pas faire passer pour hobby une activité qui se révèle lucrative sous les bons hospices (auquel cas tout le monde est bien content d’en profiter).
On ne dirait pas à un·e informaticien·ne, pendant un entretien “Notre salaire est bas, mais après tout vous avez choisi ce métier, c’est votre passion”. Alors pourquoi ça devient normal dès qu’un métier est étiqueté “artistique” ?
Quitte à devoir faire autant de choses soi-même, est-ce que l’auto-édition ne commence pas à devenir une option sérieuse ?
J’ai toujours pensé qu’être publiée en ME, c’était le Graal, mais progressivement mon avis commence à changer. Je mentirais en disant que je n’ai pas envie d’être choisie par un·e éditeur·rice qui aurait un coup de cœur pour mon œuvre et qui s’investirait dans la conception du livre, mais plus le temps passe, plus ce modèle perd de la crédibilité à mes yeux.
Si on exige des auteur·rices qu’elles et ils fassent leur comm’ et le démarchage, qu’est-ce que les ME indépendantes ont encore à offrir ?
La couverture et la mise en page, probablement les plus gros postes de dépense si on doit s’en occuper soi-même, mais pas impayables à moins d’être vraiment à sec (et il est possible de faire des choses potables, sans IA, soi-même, avec des outils comme Canva par exemple).
L’impression, mais un modèle à la demande, ou tout numérique, permet de beaucoup diminuer cette dépense, ne serait-ce que pendant la phase de lancement.
La présence en librairie plus aisée (puisque les auto-éditions (AE) sont encore très peu présentes dans les rayons), cependant les ME indé n’ont jamais la certitude de pouvoir placer leurs nouveaux titres en librairie, et honnêtement, quand je vois ce qui se vend en librairie, j’ai l’impression que les gens y vont uniquement pour ce qu’ils ont vu partout sur Internet de toute façon. Les livres inconnus ne sont pas mis en avant dans la plupart des librairies, même indé ou de niche.
La participation aux salons, mais il faut alors bien vérifier avant de proposer son manuscrit que la ME participe effectivement à des salons, et des salons intéressants surtout, pas juste la fête au boudin d’un bled paumé où le stand est gratuit mais où les gens lisent toujours du Agatha Christie. (Je n’ai rien contre Agatha Christie soit dit en passant. Mais ce n’est pas ce que tu vends.)
Le marketing, mais là encore, il faut observer ce que fait la ME pour que ses livres soient vus, parce que si les ME comptent sur les auteur·rices pour faire leur comm’, c’est peut-être qu’elles n’y investissent pas (ou plus) de budget.
Or, c’est en partageant les nouvelles publications et en capitalisant sur les abonné·es déjà convaincu·es par ses titres publiés précédemment qu’une ME peut faire connaître ses nouveautés.
(Je suis toujours très perplexe quant aux retombées réelles d’un compte d’auteur·rice sur les réseaux sociaux, quand cet·te auteur·rice n’est pas encore connu·e !)
Et aussi en envoyant des exemplaires aux influenceur·euses qui sont suffisamment visibles (mais ces personnes préfèrent souvent parler de livres déjà populaires, parce que les livres populaires amènent plus de visibilité).Les corrections orthographiques et éditoriales, sauf que à moins d’être un·e auteur·rice déjà célèbre et avec un contrat d’exclu, le travail éditorial, c’est pas comme dans les films. (J’en sais rien en fait, peut-être que certaines ME le font vraiment comme ça ?) Très souvent, dans les ME indé, si ton manuscrit est pris, c’est qu’il est quasiment prêt à être publié tel quel, sinon elles n’ont pas le temps de travailler dessus, même si ton idée est super originale et bien traitée et qu’il lui manque juste quelques modifications.
Et les corrections orthographiques… vu le nombre de coquilles et fautes que je vois dans les livres (même chez de gros éditeurs, cependant), je pense que quelques relectures de plus, ou un·e ami·e doué·e en orthographe, ferait aussi bien l’affaire.
Faut-il lire de la m*rde pour se détendre ?
Il y a quelques semaines, je parlais de mon mécontentement concernant la qualité des livres sur le marché, et en réaction, de ma décision de retourner à la bibliothèque* (tous les * renvoient à des liens en bas de l’article), parce que, quitte à lire des trucs nuls, autant les payer 30 centimes que 20 balles
Je crois que cette tendance à exiger une certaine notoriété pré-publication vient tout droit des gros éditeurs. Les grosses ME ont la thune et le pouvoir, elles peuvent faire ce qui leur chante sans rendre de comptes, du népotisme jusqu’à la publication de grosses bouses non corrigées parce qu’elles ont assez de lecteur·rices sur Wattpad.
Mais en échange, elles pèsent, elles ont la présence quasi-monopolistique, les titres assurés en librairie, les représentant·es qui vont pitcher ton livre à ta place, le budget pub… (et même que parfois elles te paient un à-valoir, ce qui n’est pas négligeable dans un secteur aussi précaire).
Les ME indépendantes n’ont absolument pas les mêmes choses à offrir à leurs auteur·rices, certainement pas dans les mêmes mesures. Je ne pense pas que les ME indé n’ont pas d’avantages par rapport aux grands groupes éditoriaux, mais ces avantages ne sont pas de même nature.
Et surtout, les ME indé étaient censées porter des voix singulières, résister contre la Primarkification du secteur du livre, travailler la qualité plutôt que la quantité, faire mieux que les gros groupes dirigés par des gens aux idées arrêtées, voire dangereuses.
Si les ME indépendantes se mettent maintenant à chasser les auteur·rices bankables, deviennent paresseuses dans leur recherche d’auteur·es qui sortent du lot, mais qu’en plus leur offre envers ces auteur·rices n’évolue pas, on perd sur toute la ligne en travaillant avec elles.
Ma conclusion n’est PAS qu’il faut boycotter les ME (indé ou pas), et je ne veux pas minimiser leur travail, loin de là.
Si c’était facile, beaucoup plus de livres AE connaîtraient le succès. Si c’était facile, le ME n’existeraient plus.
Cependant, en tant qu’auteur·es, je pense qu’il est bon de réfléchir à ce qu’on est prêt·e à donner et contre quoi, et donc questionner les ME sur ce qu’elles vont faire pour nous et notre livre. Potentiellement essayer de contacter des auteur·es déjà publié·es dans ces ME pour connaître leur avis sur la relation avec l’éditeur·rice.
Parce que être édité·e par la mauvaise ME, c’est pire que d’attendre quelques d’années avant d’être publié·e. (Les contrats d’édition courent généralement sur cinq ans, pendant lesquels tu ne peux pas toujours récupérer tes droits d’exploitation sur ton livre. Et cinq ans, dans le monde du livre, c’est long. Surtout quand aucune promotion n’est faite pour mettre en avant ton roman sur cette période.) Comme pour un contrat de travail, il faut se rendre compte qu’on est dans une relation de négociation, et que les deux ont à y gagner, si la négociation est équilibrée. Les places sont chères mais ce n’est pas une raison pour s’oublier ou se brader, je pense.
Cependant, tout ceci pris en considération, je me dis que si j’avais encore un salaire actuellement (ou de l’argent à investir), j’envisagerais peut-être l’AE pour certains de mes titres, et je paierais une agente littéraire (ou d’autres conseillères) pour le côté réseautage et aide au marketing.
J’ai vu plusieurs personnes parler ouvertement de ce qu’elles avaient dépensé pour leurs livres auto-édités, il me semble que globalement ça tournait autour des 1 000 à 1 500 € d’investissement.
Évidemment, nous n’avons pas de chiffres sur les résultats des livre auto-édités, mais au cas où : on peut être édité·e en ME et vendre 10 exemplaires (ou 0, ou 250). J’ai également vu passer des posts de plusieurs autrices, sur Substack ou sur Instagram, qui avaient vendu à peu près ça ou pas beaucoup plus en ayant décroché un contrat auprès d’une grosse ME qui avait mis le paquet niveau marketing… Sans parler de cas récents d’auteur·rices publié·es par de très grands éditeurs, dont le premier tome d’une saga n’a pas suffisamment marché et dont les tomes suivants ne seront pas publiés !!! (La négociation du contrat, vraiment vraiment vraiment important.)
L’édition auprès d’une ME n’est pas une garantie de succès ni de retour financier.
L’aspect à ne pas perdre de vue toutefois, c’est que l’AE exige parfois un statut (auto-entrepreneur·e, indépendant·e, ou similaire), mais cela confère donc aussi des droits. C’est un calcul à faire avant de se lancer, mais si on croit vraiment en son projet, c’est une piste sérieuse. (Il existe aussi des structures coopératives, comme la Smart en Belgique, qui permettent de ne pas passer par une création d’entreprise tout en ayant droit à un défraiement et en cotisant pour sa pension et ses autres droits sociaux, ou encore des entreprises de portage salarial.)
Faut-il donc quitter les ME et boycotter les librairies ?
Non, mais là où je voulais en venir, c’est que je me désole de la réaction de ces entreprises envers les auteur·rices. (Not All Éditeurs, Not All Librairies, but…)
Nous, auteur·es, sommes les acteur·rices les plus pigeonné·es de la chaîne du livre, et je pense que la manière dont notre métier s’organise est problématique.
En attendant, quand un livre fonctionne, tout le monde est content d’en profiter (librairies, ME, et lecteur·rices), mais en dehors de ça, c’est chacun·e pour sa poire, personne ne semble vouloir se lancer dans une réflexion commune.
Et en même temps, je comprends, on est toustes fatigué·es de toutes les merdes qui se passent partout en ce moment, mais c’est justement en nous écrasant de la sorte que les autorités et les gens pétés de thunes qui accumulent jalousement le moindre sous arrivent à nous faire accepter la situation et à tuer les révoltes dans l’œuf.
C’est difficile aussi d’encourager les auteur·rices à refuser ce genre de conditions de la part des ME, quand c’est si rare de pouvoir être publié·e. Malheureusement, on est toujours un peu perdant·e, qu’on accepte ou qu’on refuse. (Sauf si on refuse un contrat auprès d’une ME qui aurait plombé notre projet, là on gagne, mais c’est souvent difficile de prévoir comment les choses vont se dérouler. D’où l’importance des recherches, des questions, de rencontrer l’équipe éditoriale et de bien négocier.)
En tant qu’auteur·rices, il serait peut-être temps de penser à des structures similaires à un syndicat mais qui s’adapte à notre modèle rémunératoire, si on peut l’appeler ainsi… mais aussi de créer des communautés, des vraies, qui réfléchissent, qui mutualisent les connaissances, qui cogitent, pas juste une bande de potes qui se mettent 5 étoiles mutuellement sur les sites d’avis et partagent les nouvelles sorties des copains et copines qui peuvent leur rendre la pareille (c’est cool mais je ne suis pas sûre que ça ait un impact de dingue).
Pour aller plus loin
Au cas où tu serais passé·e à côté de ce sujet, voici une des nombreuses vidéos sur l’oligopole du marché du livre en France :
PasComptant est une publication Substack qui traite justement du fait que “les artistes-auteurs ne sont pas comptés”, c’est-à-dire de la précarité des métiers artistiques.
Bela promeut l’activité artistique et ses métiers en Fédération Wallonie-Bruxelles (Belgique). Son réseau permet de s’informer sur le secteur du livre, de trouver des collaborateur·rices pour des projets, de créer une fiche d’auteur·rice, de s’inscrire à des programmes pour intervenir dans des écoles... Ils dispensent aussi des formations à prix démocratique (mais aux conditions d’accès assez strictes, sur candidature) pour apprendre, par exemple, à bien négocier son contrat, et partagent les actualités en matière de bourses et autres opportunités.
La SCAM (Belgique) propose des bourses et opportunités de collaboration, ainsi que d’autres services de conseil, pour les métiers du multimédia. Mais surtout, c’est un organisme qui permet de percevoir ses droits d’auteur sur la reproduction et la location (en bibliothèques) de ses œuvres. Il existe d’autres organismes similaires en Belgique, mais je pense que la SCAM est la plus active sur le secteur du livre.
Dans les deux cas, je trouve dommage qu’il n’existe pas de structure dédiée spécifiquement aux auteur·rices de fiction, puisqu’il me semble que les auteur·rices d’oeuvres audio-visuelles travaillent plus généralement sur contrat, et que le cas des auteur·rices est très particulier, il nécessite souvent des conseils sur-mesure…
Dans la même veine, il existe des “maisons d’auteur·rices”, souvent ouvertes gratuitement ou à prix démocratique, qui permettent de rencontrer d’autres auteur·rices, de travailler dans un espace confortable, ainsi que de discuter avec les associations et entreprises qui peuvent nous aider. Créons du lien pour mieux s’informer et se défendre ! En Belgique, la MEDAA (Maison Européenne des Auteurs et Autrices) se situe à Bruxelles.
Si tu connais un organisme similaire dans d’autres pays francophones, note-le en commentaire <3
Voir tous mes articles sur le secteur du livre, la carrière d’autrice, mes lectures…
Non, un roman avec une héroïne forte n'est pas un roman féministe
Dans ce post, j’analyse d’abord ce qu’est une héroïne forte et ce qu’est un roman féministe, puis je parcours plusieurs romans estampillés comme “féministes” que j’ai lus récemment pour réfléchir s’ils le sont vraiment ou si l’équipe marketing se moque de nous.
Merci d’avoir lu cet article !
La publication The Flonicles Sans Filtres est gratuite aujourd’hui, et j’aimerais qu’elle le reste, pour rendre mon contenu accessible au plus grand nombre. Si tu aimes mon travail et que tu peux te le permettre, tu peux me soutenir en faisant un don unique ou mensuel via Buy me a coffee, quelle que soit la somme. Tu peux aussi opter pour l’abonnement payant sur Substack, te procurer un de mes guides pratiques ou mon roman dystopique adulte Big Universe. Merci pour ton soutien 🧡
Bien sûr, les likes et partages sont toujours bienvenus pour la visibilité de ce post !
En Belgique, on peut prétendre au statut d’artiste, qui ouvre certains droits (sous multiples conditions, par exemple de pouvoir prouver son temps de travail non rémunéré…), à partir de 1 000 € bruts de revenus sur 2 ans. Cependant, pour un·e primo-auteur·e, c’est énorme. Ça ne représente “que” une cinq-centaine de livres vendus (dans les meilleures conditions contractuelles), mais très peu d’auteur·rices vendent autant de livres pour leur première publication. Un premier tirage de livre se situe souvent à 500 exemplaires pour un·e auteur·e non confirmé·e, et cela ne veut pas dire que tous les exemplaires vont se vendre !
De plus, les ventes effectives n’ont aucun lien direct avec le temps de travail passé sur un livre et sont en grande partie hors de contrôle de l’auteur·e. Il s’agit de nouveau d’un fonctionnement qui ne convient pas du tout au travail d’auteur·e littéraire, ne travaillant pas à la mission.
Sources : Working in the arts / Comment la Commission du travail des arts statue / concernant les ventes moyennes de primo-auteur·es, je n’ai pas retrouvé de chiffres officiels donc je me base sur mon expérience et les expériences des auteur·rices avec qui j’ai pu discuter ou qui partagent ce genre d’info sur leurs réseaux et blogs.
Les conditions pour la France peuvent être consultées sur La sécurité sociale des artistes auteurs, probablement, mais j’avoue que ça m’a déjà pris assez de temps pour trouver la réponse pour la Belgique et que je n’étais pas prête à réitérer pour la France (ni la Suisse, ni le Canada, ni les autres pays francophones, mais si vous êtes concerné·e et que vous pouvez partager votre expérience pour vos compatriotes, n’hésitez pas !)…






En tant que libraire dans une grosse librairie indé française, je dois t'avouer qu'on croule déjà tellement sous les livres qu'on a vraiment du mal à se pencher sur tout ce qui est publié chez les plus petits éditeurs. Et comme tout le monde, on est influencé.es par les réseaux sociaux, les coups de cœur des collègues, les pitch des éditeurices, les retours des client.es... Pas facile. Merci pour cet article !
À Lille, il existe une micro librairie qui ne vend qu’une sélection de livre/ BD auto édité et trié sur le volet.
Peut-être qu’il y a matière à creuser dans le circuit du livre auto édité avec un lieu pour les mettre en valeur.
Il reste que votre article est très juste sur l’écrivain infatigable qui doit non seulement écrire mais créer la communauté autour de son livre pour ensuite être reconnaissant qu’enfin, on daigne l’éditer.