J'ai écrit une page "/en-ce-moment" parce que mon profil LinkedIn est devenu complètement incompréhensible
Ou comment présenter sa situation pro (et perso) quand on est une touche-à-tout
J’ai vu passer quelques articles sur le concept de page “/now” il y a quelques mois, et j’ai tout de suite su que je devais en écrire une !
Après quelques mois de réflexion sur ce que je veux faire de ma vie professionnelle (et par extension, personnelle), j’ai fait un peu de tri dans mes différentes idées*, j’ai développé une routine souple pour travailler sur mes différents projets, et je commence à deviner les contours de ma future vie pro.
J’ai eu envie de mettre à jour mon profil LinkedIn pour qu’il reflète mon état d’esprit et la direction que je veux prendre (j’ai vraiment du mal à faire une vraie pause, je me sermonne régulièrement en me disant qu’il est trop tôt pour recommencer à chercher des client·es ou un employeur, mais mes peurs me disent qu’il faudrait que j’aille plus vite), et je me suis rappelé à quel point LinkedIn est un vrai foutoir quand on a eu plusieurs carrières ou qu’on fait différentes choses en parallèle, bref, qu’on n’a pas un chemin professionnel qui avance tout droit.
Qu’est-ce que les gens devraient savoir pour travailler avec moi ?
J’utilise volontiers LinkedIn pour stocker tout mon historique, je trouve ça plus pratique que de maintenir un CV comme au bon vieux temps… mais la plateforme manque de flexibilité pour les slashers, les “multi-potentiels”, les gens qui ont une carrière portfolio ou une constellation professionnelle…
Quel que soit le terme utilisé, ces gens qui jonglent entre plusieurs activités parce qu’ils s’ennuient à toujours faire la même chose*, ou qui ont pris plusieurs gros virages dans leur carrière. Voire les deux même temps.
Comme moi.
(*ou qui jouent la carte de la résilience en ne misant pas tout sur une activité ou source de revenu unique)
Je n’ai pas envie de supprimer certaines expériences ou formations, ou de réduire la description de mes précédents postes, juste parce que ça ne me sert pas aujourd’hui. Qui sait quel virage je pourrais encore prendre dans le futur ? Et je n’ai pas envie de créer un nouveau fichier pour stocker cette information, et devoir potentiellement un jour la reporter à nouveau sur LinkedIn.
Comment tu fais, toi, pour que ton profil LinkedIn reste propre quand tu effectues de gros changements dans ta carrière ?
C’est là que la page “now” ou “en-ce-moment” prend tout son sens.
C’est quoi, la page “en-ce-moment” ?
La page “en-ce-moment” (ou “now” en VO) est un concept créé (ou popularisé du moins) par Derek Sivers. L’idée, c’est quelque chose d’assez proche de la page “about” ou “à propos” qu’on retrouve sur beaucoup de sites ou blogs, mais qui se concentre sur ce qu’on fait en ce moment.
La suite de l’article après une courte annonce…
La publication The Flonicles - Le salon de thé est gratuite aujourd’hui, et j’aimerais qu’elle le reste, pour rendre mon contenu accessible au plus grand nombre. Si tu aimes mon travail et que tu peux te le permettre, tu peux me soutenir en faisant un don unique ou mensuel via Buy me a coffee, quelle que soit la somme. Tous les gestes comptent🧡.
Imagine que tu rencontres un·e ami·e que tu n’as pas vu·e depuis un an ou plus, et qu’il ou elle te demande “Qu’est-ce que tu deviens ?” ou “Tu fais quoi en ce moment” ? C’est ce que tu peux expliquer sur cette page.
On peut raconter ce qui se passe dans notre vie perso (j’ai vu beaucoup de pages qui mentionnaient un ou des enfants en bas âge, une pause carrière, une dépression, un déménagement ou une nouvelle localisation, des hobbies…) et/ou pro (tu es en train d’écrire un livre ? tu t’es lancé·e sur une nouvelle plateforme ou tu mets à jour ton site ? tu acceptes des clients, ou au contraire tu fais une pause ou tu as mis fin à une de tes activités ?).
Pourquoi écrire cette page “now” ?
Comme le suppose Derek, si tu te poses la question, c’est que tu n’en as probablement pas besoin (pour le moment du moins). En tout cas, personnellement, j’ai trouvé ça intéressant dès que j’en ai entendu parler et j’y vois les intérêts suivants :
Décrire de manière claire et rapide ce pour quoi je suis disponible en ce moment, ce sur quoi je travaille… parce que ça me semble bien plus parlant que mon profil LinkedIn. Et contrairement à un post sur un réseau social, la page /now est statique (jusqu’à la prochaine mise à jour) et n’est pas perdue dans un flux d’information.
Avoir une page de présentation unique que je peux utiliser partout : au lieu de réécrire une page sur chaque blog, site, newsletter, réseau social… je peux juste mettre le lien vers ma page “en-ce-moment”.
Me recentrer. En écrivant ma page “en-ce-moment”, j’ai réalisé que j’avais déjà beaucoup de trucs sur le feu. Quand j’ai failli ajouter encore un point sur ma liste, j’ai remarqué que j’avais encore tendance à cumuler trop de projets “chauds” en parallèle (même si je m’améliore). Mettre à jour cette page, c’est un bon moyen de faire le point, d’avoir une bonne vision de tout ce qui nous occupe actuellement.
“C’est un chouette rappel pour moi-même, quand je sens que je perds le focus. Une déclaration publique de mes priorités. Si je fais quelque chose qui n’est pas sur ma liste, est-ce quelque chose que je veux y ajouter, ou quelque chose que je dois arrêter de faire ? Ça m’aide aussi à dire non. Quand je refuse une invitation, je redirige la personne vers cette page pour qu’elle sache que ce n’est pas personnel.” (Derek Sivers à propos du mouvement /now, traduction libre par moi-même)
Quoi écrire sur sa page “en-ce-moment” ?
Les personnes qui créent une page /now ou /maintenant ou /en-ce-moment peuvent envoyer le lien à Derek pour figurer dans l’annuaire par pays. Tu peux donc t’inspirer d’autres pages existantes. Certaines sont très courtes et comptent quatre puces dans une liste minimaliste, d’autres sont illustrées de photos et plus détaillées.
Cependant, je pense que c’est mieux de se lancer sans regarder les autres pages : chaque personne décide de créer cette page pour des motifs différents, chaque page est donc unique.
Si j’avais regardé certaines pages avant de me lancer, j’aurais peut-être fait marche arrière. Par exemple, en comparant avec les pages où il n’y avait que quelques mots dans une liste de trois ou quatre puces, j’avais l’impression d’avoir “mal” fait la mienne (qui est plus verbeuse).
En tout cas, j’ai structuré la mienne de cette façon :
La dernière date de mise à jour.
Un résumé : il commence par une phrase en gras qui est vraiment le résumé le plus concis que je pouvais écrire pour décrire ma situation. Ensuite j’ai écrit trois paragraphes pour expliquer que je suis en pause carrière pour redéfinir mes activités, ce que je cherche sur le plan pro, et ce qui m’occupe sur le plan perso. J’ai choisi de ne pas parler de mes hobbies plus en détail car pour l’instant ça ne me semble pas cohérent.
Mon projet prioritaire : pour réussir à avancer sur base d’une “routine souple” (une routine pour les gens qui ont besoin d’une routine mais qui détestent suivre une routine… comme moi), j’ai décidé de mettre le focus à chaque fois sur une activité principale.
Mes “sides” : ce sont les projets que je continue d’alimenter en parallèle de mon projet principal (j’explique aussi pourquoi j’ai des “side projects” avant de me lancer dans la description de ceux-ci). Pour chaque projet annexe (je me limite à deux), j’ai expliqué :
Pourquoi j’ai lancé ce projet = un paragraphe qui résume ma motivation et/ou mes forces.
Ce que je fais exactement dans le cadre de ce projet = un paragraphe d’introduction pour résumer, et une liste à puce avec les différentes étapes ou les différents aspects.
Projets en pause : j’ai un peu hésité à ajouter ce paragraphe (vu que cette page est dédiée à ce que je fais “maintenant”…), mais dans ce cas précis, ça me semblait utile d’expliquer pourquoi ce projet est en pause et quand je compte le reprendre. C’est une rubrique qui va probablement disparaître quand ce projet ne sera plus en hiatus. Si je commence à écrire tout ce que j’ai en pause ou dans mon backlog, cette page va devenir interminable et perdre tout son intérêt…
Voici l’article original About nownownow (en anglais), la page /now de Derek (toujours en anglais), et ma propre page /now (que j’ai écrite en anglais par habitude, mais je vais probablement créer une version française).
Et, quand tu auras écrit ta propre version (ou si tu n’arrives vraiment pas à te lancer sans modèle), voici quelques pages au hasard que j’ai trouvées sympa :
Estelle Van de Velde, une version courte qui mêle vie pro et vie perso
Le blog d’Agou, une version plus longue et pleine de vulnérabilité, qui parle aussi de vie pro et de vie perso
Omer Pesquer, du côté professionnel
Quel ton adopter sur une page “en ce moment” ?
Je suis tombée sur plusieurs profils de freelance que j’ai aimé récemment parce qu’ils n’essayaient pas d’être “sérieux”, “corporate”, de faire bon genre… J’ai décidé d’écrire ma page now avec spontanéité, parce qu’aujourd’hui, j’ai 37 ans, et je me rends enfin compte que j’ai envie de travailler avec des gens qui comprennent mon humour, qui aiment mon style et qui apprécient ma personnalité. Et pour ça, il faut que j’arrête de me travestir, que ce soit dans mon comportement en face à face, ou dans les mots que j’essaie de polir, d’assagir ou d’adapter pour plaire au plus grand nombre.
Donc, bref, on n’est pas sur LinkedIn, donc j’ai envie de te dire d’en profiter pour laisser aller ta voix (ta plume, ton clavier) et faire cette page “now” comme tu le sens, avec le contenu, le visuel et le ton qui te plaisent.
J’ai fait un peu plus qu’une page “now”…
Vu que j’ai choisi de faire une page “now” indépendante (il s’agit en fait d’un site dédié), j’ai décidé d’y ajouter deux autres pages. Je ne sais pas, peut-être que ce site est voué à évoluer vers une “carte de visite” et pas juste une page “en ce moment”…
J’y ai ajouté un onglet pour expliquer mon parcours, mais d’une manière qui me semble plus cohérente et moins contraignante que sur LinkedIn. En plus synthétique. Pour chaque métier que j’ai exercé, j’explique de quand à quand je l’ai fait, ce que j’aimais dans ce boulot, mes réalisations importantes. C’est aussi une bonne manière d’inclure mes expériences “one-shot”, comme l’écriture de mon roman.
Au lieu de lister la vingtaine de certifications et formations en ligne que j’ai passées, j’ai juste ajouté les choses pour lesquelles j’ai de l’intérêt, en plus du reste.
Dans un deuxième onglet, j’explique pourquoi j’ai décidé de faire une page “now”. Ça me permet de communiquer, aux personnes qui seraient intéressées par une collaboration par exemple, que je suis quelqu’un qui a besoin de changement et de diversité dans ses activités.
Je suis assez contente de cette phrase que j’ai écrite dans cette petite explication, car elle démontre mon sens de l’humour (discutable) mais résume aussi parfaitement ma vision de la page /now :
“J’espère que ma page “now” permettra aux gens (recruteur·euses, client·es, stalkers…) de comprendre ce pour quoi je suis actuellement disponible et quel est mon focus en ce moment, sans passer en revue mes 16 années de carrière professionnelle diversifiée et mes 22 certifications (je ne blague pas) sur LinkedIn” (/now/why)
J’ai envie de faire évoluer ma page “en ce moment”
J’ai déjà plusieurs idées pour l’améliorer :
Ajouter un portfolio visuel où je rassemble toutes mes créations : blogs, newsletters, romans, livres et guides, produits numériques, comptes sociaux…
Un petit encart sur la page now pour expliquer ce que j’apprends pour le moment, que ce soit en lien ou pas avec le boulot.
Un moyen de me contacter.
La version française, parce que quitte à avoir envie de travailler dans la rédaction, ce serait bien que les gens qui parlent ma langue puissent me trouver :)
Un fil RSS de mes derniers posts sur tous mes blogs et newsletters (le dernier post de chaque média).
Et techniquement, comment faire cette page “/now” ?
Le plus simple est de créer une page sur Wordpress, Substack… ou toute autre plateforme qui permet de créer des pages directement et où tu as déjà une présence. Cependant, il est possible de créer une page indépendante si tu n’as pas de site de ce type, ou si tu veux que ta page ne soit pas directement liée à un de tes médias (c’est mon cas).
Derek propose des plateformes pour créer ces pages, comme BearBlog ou porkbun. Personnellement, j’ai choisi d’utiliser les Pages de GitHub (cela permet de versionner le site, c’est-à-dire garder un historique, de customiser complètement son look, d’ajouter de l’automatisation, et pour moi c’est un moyen de garder les mains dans le code).
En bref, il suffit de choisir la plateforme qui te convient.
*Comment je fais le tri quand j’ai beaucoup trop d’idées
*J’ai dû abandonner des idées que je trouvais fabuleuses parce que, à l’évidence, ça ne collait pas !
C'est difficile d'abandonner une bonne idée !
Contexte. J’ai énormément d’idées*, et je suis une “complétioniste”*.






J’ignorais que Derek Sivers disait que « si tu te poses la question, c’est que tu n’en as probablement pas besoin (pour le moment du moins). » Je réfléchis à créer une page now aussi de mon côté depuis 2 jours, ta newsletter tombe à propos, merci !
Excellente initiative que j’ai aussi mise en oeuvre en lisant le même post il y a quelques mois.
Si je peux me permettre de coller le lien (si ça dérange, supprime) :
https://www.jcdichant.com/now