Cette année, essayons d'acheter moins et mieux plutôt que de ne rien acheter (de neuf) !
Si tu as pris la résolution de ne rien acheter cette année, ou de ne rien acheter de neuf, il est encore temps d'ajuster un peu tes plans pour une approche plus réaliste.
Cela fait plus de dix ans que j’ai entamé une démarche “minimaliste”, qui se traduit concrètement par : un temps d’arrêt avant d’acheter quelque chose, une réflexion sur l’équilibre entre qualité et budget, une tentative d’acheter de seconde main autant que possible, la possession de ce qui est nécessaire, et la limitation des achats globalement.
Au cours de ce long périple, en constant réajustement, il y a eu des années, ou des mois, où j’étais moins satisfaite de moi. Depuis que j’ai décidé de consommer autrement, je n’ai pas cessé d’évaluer mes réflexes au fil du temps, j’essaie de rectifier, de m’améliorer, de réfléchir à ce que j’aurais pu mieux faire (parce que je ne suis pas satisfaite, pas parce que je suis influencée par la vision de quelqu’un d’autre).
Voici les choses sur lesquelles je vais me concentrer particulièrement dans les mois à venir, dans le but d’en faire des habitudes de consommation. Il s’agit de conclusions que je tire de mes années de reconditionnement face à l’achat et à la possession, ou de pistes que je veux expérimenter pour que mes gestes collent plus à ma vision d’une consommation juste et raisonnée.
“Low buy” plutôt que “no buy”
Le problème du “no buy” (l’arrêt total d’achat), c’est qu’il peut donner envie de craquer dans un moment de faiblesse, ou amener de la frustration (qui elle-même risque de mener au craquage).
Idem pour la volonté de ne rien acheter de neuf. C’est très louable, mais avec le temps, je me rends compte qu’on ne trouve pas toujours exactement ce qu’on veut sur le marché de l’occasion. Et vu que consommation raisonnée et minimalisme impliquent d’acheter et posséder des objets qui nous conviennent vraiment, je pense qu’il faut pouvoir s’autoriser des achats neufs dans certains cas.
Ça paraît plus simple, mentalement, d’arrêter purement et simplement les achats (ou les achats neufs), mais ça peut vite mener à l’abandon de ses bonnes résolutions.
Je pense qu’il est plus efficace de se créer des règles suffisamment flexibles et qui collent à notre situation et notre manière d’être.
Par exemple :
limiter le nombre d’objets d’une telle catégorie que l’on peut posséder,
“un qui rentre = un qui sort” (ou deux qui sortent, si tu es ambitieux·se),
définir un budget pour l’année (je trouve ça moins tentant qu’un budget mensuel, qu’on pourrait vouloir dilapider avant chaque fin de mois),
s’autoriser un achat neuf seulement si on a visité au moins X boutiques de seconde main pour essayer de trouver l’objet en question…
Et bien sûr, dans tous les cas, attendre au moins une semaine avant d’acheter un truc auquel on pense.
La seconde main et ses pièges
Le marché de l’occasion aurait pu être une aubaine pour diminuer la consommation de bien neufs… mais c’est devenu un vrai terrain miné !
D’un côté, les petits prix et la bonne conscience peuvent mener à acheter plus que nécessaire, ce qui n’est pas bon pour son propre portefeuille, pour le marché en général (on prive d’autres personnes de ces objets dont elles ont plus besoin que nous), et pour son propre encombrement.
C’est un des pièges dans lequel je suis tombée il y a des années : j’avais juste transféré mes habitudes d’achat pas très raisonnables du marché du neuf au marché de la seconde main.
D’ailleurs, quand je mets les pieds dans un magasin de livres de seconde main, je perds aussi toute ma raison (je me dis que c’est bien de soutenir les magasins de produits culturels d’occasion, ce qui est vrai, mais j’ai tendance à oublier que ça ne veut pas dire que je dois acheter dix nouveaux livres à chaque passage…).
Mais il y a un autre effet pervers dont on parle moins (et je pense écrire un article dédié à ce sujet, donc si tu as envie de réagir en commentaires ça m’intéresse !) : savoir que le marché de seconde main existe peut inciter à moins réfléchir ses achats, puisqu’il est possible de revendre (certes, souvent à perte), ou au pire de refourguer ses affaires à un magasin social ou solidaire.
Je m’en suis rendu compte cette année, toujours à propos des livres, et ça fait écho à ma newsletter récente sur ma volonté de m’inscrire à la bibliothèque : j’ai dépensé beaucoup d’argent en livres (que je lis, certes), d’une part parce que c’est facile et souvent pas cher d’acheter des livres numériques, mais aussi parce que je me disais que je pourrais toujours revendre mes livres papier sur Vinted après les avoir lus.
Ces facilités (les ebooks et la revente) m’ont fait dépenser de l’argent dans un objet que j’achète régulièrement mais que je ne garde quasiment jamais (ou que je ne relis que rarement, concernant les livres numériques).
Idem quand j’étais au Japon cette année : j’ai plusieurs fois pensé “je ne suis pas sûre à 100% de vouloir [ce que j’avais sous les yeux], mais au pire ça se revendra facilement”.
La possibilité de revendre ou donner les choses est devenue le nouveau “au pire, c’est pas grave, je l’ai pas payé cher”, et c’est justement le type de réflexe que je voulais abandonner en adoptant une consommation raisonnée et raisonnable.
Lire aussi : Éviter les pièges de la mode d’occasion
Arrêter les achats sur Internet pour ce que je ne connais pas
C’est le comportement le plus difficile à changer pour moi, même si je trouve que je me suis améliorée cette année.
Je ne suis pas fan de shopping, je n’aime pas trop aller en magasin, mais heureusement la nouvelle région dans laquelle je me suis installée est beaucoup plus agréable niveau courses et autres achats (moins de gens, moins de grosses enseignées, moins d’agglomérations de magasins).
L’achat sur Internet a été une porte de secours pendant des années pour moi et mes angoisses, mais c’est trop souvent synonyme de déceptions. J’ai remarqué aussi qu’après avoir acheté un objet sur Internet, c’est plus difficile mentalement de le retourner, même quand le retour est gratuit !
Et c’est encore pire sur les boutiques de seconde main en ligne, puisqu’il n’y a pas de retours. Le problème, c’est qu’on ne se rend jamais parfaitement compte sur base de photos et de descriptions. Ce n’est absolument pas la même chose que de pouvoir prendre l’objet en main, évaluer sa taille par rapport à d’autres objets, toucher la texture, tester le mécanisme…
Alors, cette année encore, je m’efforce de ne plus rien acheter sur Internet que je ne connais pas déjà. À part les consommables que je rachète régulièrement (et peut-être un ou deux ebooks, si je suis sûre de vouloir les consulter à nouveau dans le futur), mon objectif est de tout acheter en magasin physique.
J’ai déjà fait des efforts cette année, mais j’ai dû me résoudre à commander en ligne quand je ne trouvais pas ce que je voulais. Je vais devoir développer mon esprit créatif pour trouver des alternatives aux objets que je ne trouve pas, explorer de nouveaux circuits, apprendre à être patiente…
Me concentrer sur ce que j’ai, plutôt que ce que je n’ai pas encore
En 2025, j’ai acheté du matériel de dessin parce que j’ai décidé d’inclure cette activité artistique, créative et non lucrative plus souvent dans mon emploi du temps. J’ai testé différents outils et techniques, acheté progressivement plutôt que d’investir dans de gros kits, j’ai ajouté des couleurs à ma palette de temps en temps…
Pas trop mal quoi.
Je pense que j’aurais pu gaspiller beaucoup plus d’argent en matériel de dessin, mais aussi que j’aurais pu moins accumuler en essayant de changer ma vision : voir ce que je pouvais faire de ce que j’avais déjà, au lieu de penser à ce qui me manquait pour faire ce que j’envisageais.
Pareil pour la broderie, où je voudrais me concentrer sur des projets qui me permettent d’utiliser mon fil actuel et ne m’incitent pas à en acheter de nouveaux.
Pour moi, concrètement, ça veut dire aussi me lancer dans des projets créatifs de plus grande envergure dont le matériel traîne déjà dans mon meuble à craft, plutôt que de chercher de nouvelles idées faciles. Accepter de me pencher sur un projet qui semble plus difficile et long au lieu de chercher des échappatoires.
Lire aussi : Éviter la surconsommation dans les hobbies et loisirs créatifs
Et toi, quels sont tes objectifs “consommation” pour l’année ou les mois à venir ?




